
Temps de lecture : 3 min
Points clés à retenir
- Nouvel achat probable : Michael Saylor a posté son signal hebdomadaire, laissant présager une acquisition de Bitcoin malgré un rythme de financement ralenti.
- Financement tendu : L’émission d’actions MSTR a été interrompue lorsque le titre est passé sous la valeur liquidative, limitant la capacité d’achat à court terme.
- Capacité ATM résiduelle : Strategy conserve environ 26,7 milliards de dollars de capacité d’émission d’actions via son programme « at-the-market », mais ne l’utilise qu’à des conditions favorables.
Le signal du dimanche : un indicateur fiable
Comme chaque dimanche, Michael Saylor a partagé sur X (anciennement Twitter) son habituelle formule : « The ₿eat Goes On ». Ce signal, attendu par les observateurs, précède généralement l’annonce officielle d’un nouvel achat de Bitcoin par Strategy (anciennement MicroStrategy). La semaine dernière, l’entreprise avait ajouté 34 164 BTC à son portefeuille, portant sa détention totale à 815 061 BTC, soit environ 72 milliards de dollars au cours actuel.
La mécanique de financement sous tension
Ce que les chiffres ne disent pas seuls, c’est que la capacité de financement de Strategy dépend étroitement de la prime de marché de son action MSTR par rapport à ses actifs sous-jacents en Bitcoin. La plupart des analyses s’arrêtent là. Moi non. Posons les bases avant d’aller plus loin.
Lors de la dernière semaine, MSTR a clôturé à 99,46 $, légèrement en dessous de la valeur liquidative estimée. Cette situation a mécaniquement gelé les émissions d’actions liées à des programmes de financement (notamment les obligations convertibles et les programmes ATM). En effet, la société évite d’émettre des actions lorsque cela diluerait trop les actionnaires existants.
Quels leviers pour continuer à acheter ?
Strategy dispose encore d’une capacité d’émission importante via son programme ATM : environ 26,7 milliards de dollars en actions ordinaires. Mais en pratique, ce levier n’est actionné que lorsque l’action se négocie avec une prime confortable par rapport aux avoirs en Bitcoin. Les conditions actuelles ne permettent pas une utilisation massive.
Un autre canal, SATA (Strive Series A), n’a généré que l’acquisition de 0,72 BTC cette semaine, ce qui reste marginal. Attention : ce que je vais écrire va à l’encontre du consensus médiatique. Beaucoup annoncent une pause dans la frénésie d’achat. Je préfère me tromper avec des données plutôt qu’avoir raison avec des intuitions : la société a prouvé sa capacité à trouver des financements innovants, y compris via des obligations convertibles structurées.
Un modèle économique sous surveillance
Le modèle de trésorerie en Bitcoin de Strategy suscite un débat croissant. Ses partisans y voient une stratégie d’accumulation long terme robuste. Ses critiques soulignent que tout repose sur un accès continu et bon marché aux marchés de capitaux. Les données on-chain de la BCE et de la Fed indiquent que les conditions de crédit se resserrent progressivement depuis le troisième trimestre 2025, même si les spreads restent serrés.
En pratique, ça donne quoi ? Le signal de dimanche n’est pas une promesse d’achat massif. Il peut simplement indiquer un achat modeste, voire symbolique. Le rapport hebdomadaire de Strategy, attendu en début de semaine, montrera si l’entreprise ajuste son rythme ou si elle maintient un cap agressif.
Conclusion : acheter moins pour mieux acheter ?
C’est précisément là que ça se complique. Un achat plus petit cette semaine ne signifierait pas un abandon du plan Bitcoin, mais plutôt une discipline de marché que tout investisseur autonome devrait respecter : ne pas surpayer ses entrées. La déclaration de Saylor est un rappel que cette stratégie reste active, mais avec une exécution dépendante des conditions de financement.
J’ai quitté mon poste dans la banque d’affaires précisément parce que je voulais analyser ces mécanismes en transparence, sans conflits d’intérêts—je précise que je ne détiens pas de position longue ou courte sur MSTR ni de Bitcoin au moment où j’écris ces lignes.

Quinze ans en salle des marchés, puis tout plaquer pour la DeFi. Aujourd’hui j’analyse les marchés financiers et les protocoles crypto avec la même rigueur — sans les conflits d’intérêt.