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Points clés à retenir
- Or prioritaire : Kalshi cible l’or en premier, en réponse à la demande des traders retail et institutionnels, avant d’étendre aux devises et à l’énergie.
- Concurrence directe : Robinhood propose déjà des perpetuals multi-actifs via Bitstamp, intensifiant la rivalité sur les dérivés régulés.
- Contexte réglementaire : Google interdira les extensions de paris prédictifs dans le Chrome Web Store à partir d’août 2026, ajoutant une pression sur Kalshi.
Ce que les chiffres ne disent pas seuls, c’est que Kalshi double la mise sur les dérivés régulés
Selon des informations rapportées par Reuters, Kalshi est en discussions avancées avec les régulateurs américains pour lancer des contrats perpétuels (perpetual futures) adossés à des actifs traditionnels : or, devises (forex), et énergie. Ces contrats, sans date d’expiration, permettent aux traders de conserver des positions ouvertes sans avoir à les renouveler périodiquement – un atout technique que Kalshi a déjà utilisé pour ses produits crypto, qui ont généré environ 16,1 milliards de dollars de volume d’échanges.
Je préfère me tromper avec des données plutôt qu’avoir raison avec des intuitions. Alors posons les bases avant d’aller plus loin : les perpetuals régulés sont des dérivés financiers soumis aux règles de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC). Contrairement aux contrats à terme classiques, ils n’ont pas de date d’échéance, ce qui supprime le coût de roulement des positions – un détail qui pèse lourd dans la gestion de risque des traders actifs.
L’or comme marché prioritaire : une décision dictée par la demande
Udesh Jha, directeur des risques chez Kalshi, a déclaré à Reuters que la feuille de route de la plateforme est façonnée par la demande des clients. L’or est identifié comme le candidat le plus solide, attirant à la fois les investisseurs particuliers et les institutionnels.
Les devises, les métaux industriels et les marchés de l’énergie sont également dans le viseur. Pourquoi ? Parce que les événements géopolitiques et les schémas saisonniers de trading créent une demande persistante sur ces classes d’actifs. En pratique, ça donne quoi ? Un trader pourrait prendre position sur le prix du pétrole sans avoir à gérer des échéances mensuelles, en utilisant un collatéral unique.
Mais attention : ce que je vais écrire va à l’encontre du consensus. Beaucoup d’analystes voient l’expansion de Kalshi comme une simple diversification. Or, c’est précisément là que ça se complique. L’enjeu réel est la création d’un marché de dérivés régulés multi-actifs où les barrières entre crypto, matières premières et changes disparaissent – un modèle hybride que personne n’a encore maîtrisé.
Concurrence Robinhood : la bataille des perpetuals s’intensifie
Kalshi n’est pas seul sur ce terrain. Robinhood a récemment lancé des perpetual futures multi-actifs via Bitstamp, permettant à ses utilisateurs éligibles de trader cryptomonnaies, matières premières, indices boursiers et devises avec un seul pool de collatéral. Selon des rapports sectoriels, Robinhood travaille à obtenir une approbation réglementaire américaine pour ces produits.
En parallèle, Robinhood a renforcé son infrastructure crypto. Sa chaîne Robinhood Chain, alimentée par Arbitrum, a enregistré 500 millions de dollars de volume de trading quotidien sur Uniswap huit jours après son lancement, avec une valeur totale verrouillée (TVL) dépassant 106 millions de dollars – un chiffre qui la place parmi les écosystèmes DeFi les plus actifs.
Rappelons que les perpetuals représentent l’épine dorsale du trading de crypto depuis des années. En finance traditionnelle, c’est l’équivalent d’un swap de gré à gré, mais avec transparence et standardisation. La plupart des analyses s’arrêtent là. Moi non.
Ce qui m’intéresse, c’est la gestion de risque. Les perpetuals impliquent des mécanismes de financement (funding rates) pour équilibrer les positions longues et courtes. Dans un marché régulé, ces mécanismes doivent être approuvés par la CFTC, ce qui ajoute une couche de complexité que les plateformes crypto offshore ne connaissent pas. Kalshi et Robinhood jouent donc une partie délicate : offrir de la liquidité sans sacrifier la conformité.
Google serre la vis sur les extensions de prédiction
L’expansion de Kalshi intervient dans un climat réglementaire tendu pour les marchés de prédiction. Google a annoncé qu’à partir du 1er août 2026, les extensions du Chrome Web Store proposant des transactions financières sur des résultats prédictifs seront interdites. Les extensions non conformes pourront être supprimées.
Cette décision fait suite à des conflits juridiques et réglementaires impliquant Kalshi et Polymarket, concernant des contrats basés sur des événements et les lois étatiques sur les jeux d’argent. L’impact concret pour Kalshi ? Potentiellement, une perte de visibilité et d’accès utilisateur via les navigateurs, mais pas de remise en cause de son modèle économique principal – les perpetuals.
En pratique : deux scénarios pour l’investisseur autonome
Si les régulateurs approuvent les produits de Kalshi, je vois deux trajectoires possibles :
- Scénario 1 (haussier) : L’approbation crée un marché de dérivés régulés unifié, où or, pétrole, devises et crypto coexistent sur une même plateforme. La liquidité pourrait exploser, attirant des institutionnels aujourd’hui frileux.
- Scénario 2 (baissier) : La pression réglementaire et la concurrence de Robinhood réduisent les marges des perpetuals, obligeant Kalshi à se contenter de niches moins liquides.
Pour les investisseurs autonomes, le conseil est inchangé : avant d’utiliser ces instruments, comprenez les funding rates, la gestion de collatéral et le risque de contrepartie. Je documente d’ailleurs mes propres positions perdantes sur des perpetuals crypto dans mes archives – sans pudeur, car c’est ainsi qu’on apprend.
Conclusion : un tournant pour les dérivés régulés
L’entrée de Kalshi sur les perpetuals sur l’or, le forex et l’énergie est un signal fort : la frontière entre crypto et finance traditionnelle continue de s’estomper. Que ce soit via Robinhood ou Kalshi, les traders vont bientôt disposer d’outils proches de ce que la DeFi propose, mais encadrés par des régulateurs. La question qui demeure : la liquidité sera-t-elle au rendez-vous ? Je suivrai de près les données on-chain et les rapports de la CFTC pour y répondre.

Quinze ans en salle des marchés, puis tout plaquer pour la DeFi. Aujourd’hui j’analyse les marchés financiers et les protocoles crypto avec la même rigueur — sans les conflits d’intérêt.